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L’alimentation est un des sujets les plus importants et les plus complexes. Elle touche tous les ressorts de l’humain et de la Terre, s’étend à toutes les espèces si on considère aussi l’alimentation animale. Elle mobilise des préoccupations extraordinairement nombreuses et variées, dans des domaines qu’on ne soupçonne pas forcément. Commençons par l’approche économique.

Si les achats alimentaires représentent aujourd’hui de l’ordre de 20 % du budget des ménages dans nos pays développés, taux en régression constante (12,5 % en France selon les dernières données [2]), il conviendrait d’y ajouter de l’ordre de 10 % à 15 % de dépenses liées directement à l’alimentation : transports pour aller faire ses courses, énergie et appareils liés à l’alimentation, dépenses de restauration collective (cantines, restaurants, etc.). De même, on peut chiffrer très grossièrement – entre 30 et 40%– la part de toute l’activité humaine plus ou moins directement liée à l’alimentation, des productions agricoles aux transports de denrées et aux industries agroalimentaires, de la formation à la santé et à la culture… Sans oublier l’extrême variété des situations selon la géographie, la culture, la situation sociale. 15 % des hommes ne mangent pas à leur faim et 30 % souffrent de malnutrition ; sans oublier que, notamment dans nos pays développés, beaucoup n’ont pas les moyens financiers de s’alimenter correctement, ni selon leurs souhaits, ni en termes de santé. Bien plus, cette part récemment réduite du budget alimentaire dans les pays développés masque le fait que pour l’essentiel de l’humanité, le budget alimentaire représente de l’ordre de 50 % du budget total du ménage, limité à la couverture des besoins essentiels (logement, vêtements, énergie, etc.). Cela signifie que l’alimentation effective d’une grande partie de l’humanité est soumise directement à tous les aléas économiques, que ce soit la volatilité des prix des denrées agricoles de base ou les aléas des ressources financières disponibles du ménage. Constatons aussi que sur le milliard d’êtres humains qui ne mangent pas à leur faim, 800 millions sont des paysans, dans les zones rurales, broyés par les conditions économiques de leur activité et conduits inexorablement à l’exode rural.

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